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Bettel (Ardennes, Luxembourg)

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Départ: Parking derrière l'église.
Longueur: 9,8 km
Dénivelé positif cumulé: 173 m
Paysage / Terrain: Malheureusement d'abord 2 km en bord de route, mais la circulation est faible. Ensuite on monte pendant 1,5 km dans les bois, terre au sol. Puis vient la récompense: les superbes panoramas sur le Parc naturel de l'Our. Beaucoup de chemins ruraux, à partager parfois avec de rares voitures, traversée de deux villages, et retour sur une piste cyclable dans les bois. En résumé, une majorité de béton, mais des paysages époustouflants.
Balisage: 2 erreurs à signaler. La première à Longsdorf: ne pas aller tout droit pour traverser le village, monter à droite sur Marxbierg. La deuxième à la fin: ne pas continuer après l'ancienne gare de Bettel, mais descendre à droite vers le village (on aperçoit d'ailleurs l'église, point de départ de la randonnée).
Pique-nique: Il faut attendre Longsdorf, après la montée de Marxbierg, bel espace derrière la chapelle Saint-Marc (16ème siècle) et bancs plus loin sur le plateau; vous trouverez également de quoi faire une pause dans le centre de Fouhren, le long de la piste cyclable et près de l'ancienne gare.
Bon à savoir: Attention en cas de fortes chaleurs, certaines zones sont très exposées.
Guide: Circuits auto-pédestres: 201 randonnées sélectionnées au Grand-Duché (ed. Guy Binsfeld, 2008)
Conte rendu: Ce dimanche, trois drôles de dames roulent plein nord dans une petite voiture qui passe sous un arc-en-ciel et un escadron de grues qui leur font presque manquer la sortie. La promenade commence avec une vue sur l'Our. De l'autre côté de l'eau, c'est l'Allemagne. Je regarde les maisons, les arbres, et je repense aux contes de mon enfance.
Cependant le terrain change et me fait émerger de mes rêveries. Car le chemin est plus terre à terre. Il est même boue à boue, mais peu importe: nous en viendrons à bout.
Là-haut, c'est splendide: de vastes panoramas, des reliefs à perte de vue, illuminés par un soleil généreux. Un pur joyau à 360°.
Dans le creux du vallon, je suis fascinée par un champ de roseaux plus hauts que moi, si hauts qu'ils peuvent délicatement caresser les nuages. Ils sont resplendissants et je prends le temps de les observer sous tous les angles. Instants charmeurs, privilège des randonneurs...
Avec tout ça, le temps passe et ce grognement qui résonne maintenant dans la vallée n'est pas celui d'un quelconque animal sauvage tapi dans les fourrés, non: les estomacs ronchonnent. Aux portes de Longsdorf, nous espérons que le village fournira de quoi satisfaire nos appétits.
Tiens, quelle étrange maison... on dirait qu'elle est construite en biscuits... La faim règne et l'appétissante demeure nous fait oublier l'itinéraire de la carte. Mode "marche machinale". Le magnétisme de l'habitation m'hypnotise...
Quand la lucidité revient, il y a ce constat: nous sommes perdues. Heureusement, tout au long du chemin, nous avions semé des perce-neige (je connais quelqu'un qui sème des pralines pour retrouver le chemin vers un restaurant, et ça fonctionne aussi).
Demi-tour, il faut se remettre sur la bonne piste. La faim tenaille toujours, notre rythme est ralenti et ce village n'en finit pas! Quelle est la signification du nom "Longsdorf"? "Long village"? En tout cas, nous avons la sensation de ne pas pouvoir le quitter!
Encore cette maison bizarre! Une inexplicable attraction m'oblige à m'arrêter devant elle. Je la regarde. Elle me regarde aussi. Quelles sont ses intentions? Et cette faim... Il est grand temps d'examiner les provisions. J'y trouve des fruits, c'est une bonne nouvelle, une source d'énergie bienvenue.
Marxbierg nous montre la voie, et nous laissons enfin Longsdorf derrière nous. Bon sang, les heures filent! Le soleil commence à décliner. La lumière rasante nappe les prairies d'un miel doré propice à la contemplation, mais nous n'avons plus le temps de flâner. Il faut retrouver la voiture avant la nuit.

À Fouhren, un dragon long de 100 mètres, amical gardien de la forêt, nous indique que nous sommes sur la bonne voie: "Continuez à suivre les perce-neige; le feu tuera le froid, la faim mettra un frein". Dans les bois, le ciel devient sombre et les mains se glacent. Soulagement: au bout de la piste se tient un petit abri tout droit sorti d'un autre temps.

Il diffuse une lueur apaisante qui nous invite à pousser la porte. Nous nous installons près du feu. À pas feutrés, une dame souriante approche. C'est "Elle". Nous lui demandons des boissons chaudes. "Elle" nous propose également du gâteau. Enfin quelque chose de solide à livrer à notre estomac! Notre bonne fée s'en retourne vers le bar. Un homme barbu y exécute ses tâches en silence. "Hans, fais chauffer l'eau pour les voyageuses". Nous nous trouvons dans l'ancienne gare de Bettel, et pendant que des aînés jouent aux cartes, nous savourons cet instant de réconfort.
Nous quittons le refuge, réchauffées et rassasiées. Il fait complètement noir maintenant, il faut retrouver la voiture. Quelque chose nous incite à nous enfoncer dans les bois sombres mais au dernier moment, notre bon sens prend le dessus, et nous descendons en direction du clocher de l'église repéré en contrebas.
Nous arrivons piano piano à Bettel. La voiture est là, nous pouvons rentrer. Je m'aperçois immédiatement que le GPS nous guide vers un autre itinéraire que celui pris pour venir, mais je lui fais confiance. Sauf que la route devient vraiment très étroite. À bien y regarder, est-ce vraiment une route? Aucun éclairage, juste les phares. À chaque virage, on a l'impression que quelqu'un va surgir. Le GPS est-il déréglé? ou... possédé? Soudain elle se dresse là, devant nous: la maison en biscuits!
Sortilège! Il faut résister une dernière fois à la séduction maléfique de l'envoûtante bâtisse et poursuivre sans se retourner. Cette drôle d'histoire me hante pendant tout le trajet du retour. Mes deux comparses dorment paisiblement. Moi je roule dans la nuit, songeuse, et je repense à cette maison... à Hans, "Elle" et Bettel...

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